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Mission Kosovo, une expérience racontée par Romain Welter

 

 

 

Romain Welter raconte son expérience unique au coeur du projet de PL4Y International.

 

 

Romain Welter a passé deux ans et demi au Kosovo en tant que responsable de projet. Ses actions entreprises sur le terrain furent d’une importance capitale pour mener à bien le grand projet de PL4Y international à l’étranger. De retour en France, Romain revient sur son expérience inoubliable lors d’une interview réalisée au siège de PL4Y International.

 

 

Qu’est ce qui t’a poussé à partir en mission aux côtés de PL4Y International au Kosovo ?

 

Romain : J’étais à l'Université avec quelqu'un qui a travaillé sur le même projet. Par conséquent, il a pu m’expliquer le projet et j’ai ainsi eu la possibilité de mieux comprendre le contexte. Au-delà de ça, j’ai toujours eu envie d’effectuer une mission à l’étranger et d’être impliqué dans un tel projet, c’était un vrai challenge pour moi. C’est à la fois le projet professionnel ainsi que l’expérience personnelle de travailler directement avec les jeunes sur le terrain, qui m’ont attiré.

 

 

Le Kosovo sort d’une situation de crise et a récemment obtenu son indépendance en 2008. Peux-tu nous en dire plus sur la situation actuelle du pays ?

 

Je connaissais déjà un peu la situation avant d’arriver. Ce qui est bien dans un projet comme celui de PL4Y international c’est qu’en côtoyant les populations locales appartenant à des communautés différentes – les jeunes, les parents – ainsi qu’en travaillant avec les partenaires locaux, nous arrivons à mieux comprendre le contexte. Celui-ci diffère un peu dans chaque ville, tout comme les trajectoires personnelles et cela permet d'avoir une meilleure compréhension de la situation au Kosovo dans son ensemble.

Aujourd’hui, même si les relations se sont pacifiées entre les deux principales communautés - Albanaises et Serbes –, la situation reste sensible. La plupart des villes sont mono-ethniques, il y a un manque de mixité sociale et certaines communautés ne sont pas forcément intégrées au sein du pays, comme les Roms ou les Turcs.

 

 

Quelles relations entretenais-tu avec les populations locales ?

 

Dans le cadre du projet, plus précisément, nous travaillons directement avec et pour les populations locales, ce qui facilite les échanges. Les gens se rendent compte que nous travaillons en faveur des jeunes générations du Kosovo et la mission d’intégration à travers le sport est assez compréhensible pour eux.

Avec la population locale, hors du projet, c’est un peu différent. L’étranger au Kosovo n’a pas forcément une image très positive. Depuis la fin de la guerre et même depuis l’indépendance du Kosovo le pays est submergé par les missions internationales et donc la vision des étrangers n’est pas forcément bonne.

Au-delà de ça, la barrière linguistique reste un véritable problème. C’est aussi une des différences avec les autres missions de PL4Y International comme au Burundi ou en Haïti. Nous travaillons en anglais et en français et nous devons faire appel à des traducteurs lors des formations (pour l'albanais, le serbe et le turc), ce qui complique le dialogue direct.

 

 

Quelles sont concrètement les actions de PL4Y International au Kosovo et quelle était ta mission sur le terrain ?

 

Nous avons un programme mis en place depuis 2008, Sport4youth, qui intègre deux dimensions principales ; la première visant à mettre en relation des jeunes et enfants de diverses communautés à travers des évènements, des formations et des activités socio-sportives et la deuxième visant à offrir des activités socio-sportives régulières et de qualité aux enfants du Kosovo.

 

Concernant les formations, le but est de mettre en relation des jeunes venant de communautés différentes. Nous travaillons dans douze villes, avec dans chaque ville environ cinq volontaires âgés de 13 à 21 ans. Ces volontaires bénéficient d’une formation sportive, qui a pour objectif de leur transmettre du contenu et des compétences en animation sportive ainsi que de faciliter le dialogue entre les communautés. Nous ne forçons pas le dialogue, au contraire, nous essayons de le créer en les faisant réfléchir sur leurs différences et similitudes.

En parallèle, nous organisons des évènements pendant l’été dans plusieurs villes, pour des enfants des différentes communautés. Lors de ces évènements, des enfants de quatre villes et communautés différentes sont rassemblés et jouent ensembles dans des équipes mixtes. Le but est de les rapprocher et de leur apprendre à vivre et jouer ensemble. En plus de l’activité sportive, nous organisons, depuis l’année dernière, des visites culturelles dans chaque ville de manière à ce qu’ils découvrent les diversités culturelles de chacun.

 

Dans un deuxième temps, nous nous efforçons à fournir aux enfants un meilleur accès aux activités sportives, car hormis l’heure d’EPS, les jeunes Kosovars n’ont pas la possibilité de pratiquer le sport. Ainsi, les volontaires que nous formons effectuent en moyenne trois activités par mois pour les enfants de leur ville.

Pour finir, mon rôle à travers ces différentes missions était de gérer le projet au quotidien, organiser les formations et les évènements avec l'équipe pédagogique ainsi que de travailler sur le contenu pédagogique. J’étais également en relation avec les partenaires locaux  comme les municipalités et centres de jeunesses.

 

 

Quel était l’impact des missions de PL4Y International en faveur du rapprochement des communautés ?

 

L’impact s’est surtout fait sentir sur les volontaires, c'est-à-dire les bénéficiaires des formations. Nous avons vraiment senti l’évolution dans leur manière de considérer les autres et dans leur rapport aux différentes communautés. Évidemment, ils restent toujours des sujets sensibles et des situations où les tensions sont encore présentes. Mais globalement les choses évoluent, même les volontaires les plus nationalistes ont adouci leur discours, ils sont plus ouverts au dialogue et plus réceptifs.

Sur les enfants, l’impact est plus difficile à évaluer car nous les voyons de manière plus irrégulière. Mais nous remarquons tout de même que dans l’ensemble ils prennent plaisir à venir aux évènements et à partager un moment ensemble.

 

 

Quel a été ton ressentit tout au long de cette mission (au niveau de l’expérience humaine) ?

 

Lorsque tu es pris par tes activités c’est un peu difficile de prendre du recul et de voir les bienfaits du programme. Mais j’ai pu constater que les missions de PL4Y International sont vraiment bénéfiques. Le projet est pertinent par rapport au contexte et aux besoins de la population locale.

Personnellement, la relation avec les volontaires m’a beaucoup marqué, au fur et à mesure nous avons réussi à créer une vraie relation avec eux et ainsi à les motiver. Nous avons également pu mieux comprendre leur histoire personnelle et à travers leur histoire personnelle nous avons mieux compris la situation au Kosovo. C’est une expérience enrichissante à la fois d’un point de vue professionnel, car ce travail fut très intéressant et m'a permis d'évoluer, et d’un point de vue personnel, car j’ai pu avoir une meilleure compréhension des enjeux dans la région. Travailler avec ces jeunes Kosovars aussi volontaires et débordant d'énergie m'a aussi profondément marqué.

 

 

Aurais-tu une anecdote à raconter qui t’aurait marqué au courant de ces deux ans et demi ?

 

L’un des temps forts de ces deux ans et demi fut notre voyage, l’été dernier, avec une douzaine de jeunes kosovars de différentes communautés à Lyon. Pour eux, aller en France fut une expérience extraordinaire, étant donné le régime strict de visa qui touche le Kosovo et le contexte économique. Je les ai vu prendre du plaisir et s’épanouir, ça n’a pas de prix. C’était une grande réjouissance de leur faire partager ces moments et de les voir interagir avec des jeunes français.

 

 

Aurais-tu envie de retenter l’expérience si un projet similaire se présentait ?

 

Evidemment ! Si un projet de la même qualité se présentait, je pense que je partirais sans hésitation.

 

 

 

Retrouvez en images l'anecdote racontée par Romain.

 

 

 

 

 

 

 

 

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