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Burundi : « Une situation confuse et incertaine »

 

 

Depuis 2014, Alexis est chef de mission de PL4Y International au Burundi. Il vit à Bujumbura, où se trouvent les bureaux de PL4Y International. Dans la capitale burundaise, le climat reste tendu au lendemain des premières manifestations et l’échec de coup d’état contre le président Pierre Nkurunziza, qui entend briguer un troisième mandat après dix ans de pouvoir.

 

Alexis revient sur les derniers événements qui ont secoué le pays et nous éclaire sur la poursuite des missions de l'ONG dans la capitale et à l'intérieur du Burundi.

 

Depuis 2008, PL4Y International mène dans le pays des activités auprès des enfants scolarisés, des rues ou des camps de déplacés.

 

 

 

 

 

 

Comment as-tu vécu les derniers événements depuis la capitale burundaise ?

 

Jusqu’à mercredi, le centre ville était relativement épargné. Les manifestations se sont cantonnées aux quartiers populaires où habite la majorité de la population. La liesse qui a suivi le coup d’état s’est prolongée dans la nuit par de violents affrontements. Nous avons été réveillés par des tirs et des explosions qui se sont poursuivis une bonne partie de la journée de jeudi. Si nous n’étions pas enfermés à double tour, nous ne pouvions pas prendre le risque de sortir de notre parcelle. Vendredi, au lendemain du coup d’état avorté, la situation était relativement calme. Certains commerces ont rouvert timidement, les habitants sont peu à peu redescendus dans la rue. Mais la confusion domine toujours.

 

Comment la situation évolue-t-elle à Bujumbura ?

 

Ce dimanche a été décrété ‘’jour de trêve’’ par les manifestants. On sent cependant une fébrilité au sein de la population car les leaders du mouvement ‘’Halte au troisième mandat’’ ont affirmé que les manifestations reprendraient ce lundi. Ici, tout le monde se demande si elles vont réellement reprendre et quelle sera la répression si elles ont lieu. La question de la suite qui va être donnée à tous ces évènements se pose. Un sentiment renforcé par le fait que tous les médias privés, qui ont été des relais d’informations auprès des manifestants, ont été coupés par les forces loyalistes. De même, les réseaux sociaux sont bloqués. La rumeur règne donc avec son lot de vraies et fausses informations. 

 

 

« Certaines activités ont dû être aménagées »

 

 

Comment travaillez-vous sur place ?

 

Comme nous le pouvons… Après le 26 avril, les bureaux de l’ONG, qui se trouvent à Bujumbura, ont été fermés pendant une semaine. Durant une courte trêve, on a pu rouvrir les locaux sur la base du volontariat. Selon les quartiers où ils habitent, certains collègues ont pu venir travailler, d’autres pas. La plupart résident dans les quartiers populaires de la capitale et se sont retrouvés bloqués chez eux. Ce lundi, le bureau de PL4Y International est fermé pour prendre le temps d'analyser la situation.

 

Justement, les activités de Pl4y International ont-elles pu se poursuivre ? 

 

La contestation est surtout concentrée dans la capitale, moins à l’intérieur du pays. Certaines activités au sein des centres publics pour jeunes du ministère des sports du Burundi, où nous intervenons, ont ainsi pu être maintenues ou aménagées. D’autres n’ont pas pu se tenir. Cela dépendait des jours. A l’intérieur du pays, les activités mises en place, avec le PNUD, au sein de centres pour jeunes de villages de rapatriés se poursuivent. Avec un suivi quotidien par téléphone. Quant à la formation de jeunes praticiens à la pédagogie inclusive, les ateliers ont été suspendus. Les enseignants ne pouvaient pas se rendre sur leur lieu de travail. De même que certains bénéficiaires.

 

Quel est le sentiment au sein des équipes ? 

 

On ressent une forte anxiété et un sentiment d’angoisse. Certains collègues burundais ont envoyé leurs familles à l’étranger, dans des pays voisins. C’est une peur mélangée de résignation. Si le contexte est différent de la guerre civile (1993 à 2006), ces événements rappellent forcément chez eux de mauvais souvenirs. 



 

  • PL4Y International au Burundi, c'est : 

 

96 849 enfants bénéficiaires dans les écoles

 

20 000 participations dans les centres pour jeunes

 

517 praticiens formés (professeurs et enseignants,  responsables de terrain de l’International Rescue Committee, intervenants formés)

 

En novembre 2014, dans l'émission Les Nouveaux Explorateurs, Manuel Herrero faisait découvrir la culture sport de trois pays dans la région des Grands Lacs. Ce documentaire de 52 minutes présente notamment les actions de PL4Y International au Burundi dans les camps de déplacés de Bujumbura.

 

 

 

 

 

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